Le coronavirus COVID19 est apparu en Chine fin 2019 et s’est propagé à toutes les régions du monde avant que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) le désigne officiellement comme une pandémie mondiale le 11 mars dernier. Selon les statistiques de l’OMS au 5 mai 2020, le virus s’est déjà propagé à 53 pays d’Afrique avec plus de 432 993 cas positifs, 1786 décès et donc un taux de mortalité de 4,1% sur le continent africain. En début mai 2020 au Cameroun, le nombre de cas positifs a dépassé 2 265 et le nombre de décès a atteint 108. Selon l’OMS, le nombre de cas positifs serait beaucoup plus élevé que ce qui a été indiqué dans les rapports et le gouvernement du Cameroun a décidé de commander quelque 100 000 kits de test supplémentaires début mai 2020.

Comme dans d’autres pays, au Cameroun, la propagation du COVID19 n’a pas seulement des conséquences sur la santé mais aussi un fort impact sur les activités économiques, y compris les plus démunis. La situation pourrait se dégrader davantage si persistent certains risques tels que l’aggravation de la pandémie en permettant aux lieux de rendez-vous publics (boire/socialiser, écoles, etc.) de recommencer à fonctionner sans mettre en place des mesures d’atténuation efficaces et aussi si les incertitudes du marché et la panique persistent.

Parmi les conséquences négatives de cette pandémie sur l’économie camerounaise figurent l’impact direct sur les produits d’exportation, la perturbation des chaînes d’approvisionnement mondiales et la baisse de la demande finale de biens et services importés. Les canaux potentiels d’impact économique au Cameroun peuvent être de plusieurs ordres. Premièrement, la baisse de la demande mondiale (et en particulier des principaux partenaires économiques, la Chine, l’Italie, la France et l’Union européenne dans son ensemble), se traduisant par une baisse des volumes de biens et services exportés. Deuxièmement, l’effet de la baisse des prix des principales matières premières exportées vers le marché international, notamment le pétrole et le bois. Troisièmement, le ralentissement de l’économie et des investissements mondiaux contribuera à réduire le flux d’investissements étrangers et les transferts de migrants en raison de la situation précaire de l’emploi dans leur pays d’accueil.

En effet, le Cameroun est fortement dépendant des pays lourdement touchés par COVID19. En 2018, selon les données de l’Institut National de la Statistique, 77,5% des exportations du Cameroun vont vers les dix pays: 22,2% vers la Chine, suivie par l’Italie (13,7%); aux Pays-Bas (8,4%) et en France (5,9%), en Espagne (5,9%), en Belgique (3,5%), en Inde (3,2%), au Vietnam (3,1%) et en Malaisie (3%). Les exportations restent très peu diversifiées et consistent principalement en produits primaires. Les six principaux produits contribuent à hauteur de 76,5% aux recettes d’exportation enregistrées en 2018. Il s’agit des huiles de pétrole brut (40,8%), des fèves de cacao brutes (11, 1%), des sciages (7,5%), du gaz naturel liquéfié (5,9%), et coton brut (5,5%); grumes de bois brut (5,7%). Les prix de la plupart de ces produits exportés ont été fortement affectés par la crise.

Le Cameroun a réalisé des progrès constants dans la réduction de la pauvreté et l’amélioration de la vie des ruraux pauvres grâce aux projets d’investissement du FIDA, notamment le programme en cours PEA-Jeunes (Programme de promotion de l’Entreprenariat Agro-Pastoral des Jeunes). Cependant, la perturbation de la chaîne d’approvisionnement agricole pourrait entraîner une réduction de certaines de ces réalisations en raison de COVID19.

Le gouvernement du Cameroun a organisé de manière proactive la réponse à la pandémie en anticipant les éventuelles conséquences socio-économiques afin de mieux atténuer l’impact à court, moyen et long terme. Reconnaissant le rôle déterminant des petits agriculteurs et entrepreneurs dans le système alimentaire national, le FIDA travaille avec les communautés des zones rurales du Cameroun dans les régions extrêmement vulnérables à la détresse économique actuelle.

Pour faire face à la fois à l’impact économique négatif et contribuer à la sécurité alimentaire, le FIDA contribue, aux côtés d’autres partenaires techniques et financiers, à la mise en œuvre de la réponse du gouvernement à la pandémie de COVID19 en adoptant un double plan d’action. Premièrement, répondre aux besoins immédiats des bénéficiaires du projet d’investissement du FIDA en termes d’hygiène et d’application de protocoles de sécurité pour la distribution des intrants et des équipements pour la saison de récolte en cours afin d’éviter non seulement la propagation communautaire de COVID19 mais aussi d’éviter la contamination des consommateurs par les produits commercialisés . Deuxièmement, accroître la résilience des jeunes entrepreneurs et des petits agriculteurs grâce à des systèmes de production intelligents face au climat et en se concentrant sur les chaînes de valeur et les produits de base appropriés pour assurer une sécurité alimentaire adéquate pendant la prochaine campagne agricole.

L’équipe-pays du FIDA au Cameroun a tenu des consultations régulières avec tous les ministères partenaires pour s’assurer que la contribution du FIDA aux projets d’investissement est alignée sur la réponse nationale COVID19. Vendredi 8 mai, le Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural et le Bureau Sous-Régional du FIDA à Yaoundé ont organisé un événement conjoint pour distribuer des kits COVID19 aux bénéficiaires du FIDA. L’événement a reçu une large couverture médiatique et a donné de la visibilité au projet d’investissement du FIDA PEAJ et à son rôle d’accompagnement de la réponse du gouvernement à la pandémie de COVID19.

S’appuyant sur le partenariat de longue date et fructueux avec le Cameroun pour promouvoir le développement rural, le FIDA continuera de soutenir les ruraux pauvres, y compris les femmes et les groupes vulnérables, dans le but d’accroître leur résilience non seulement au COVID19 mais également aux chocs futurs indépendamment de leur nature.

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