• L’ASIAFREN, (Association Interprofessionnelle des Acteurs de la Filière RIZ de l’Extrême-Nord), n’est pas une coquille vide : selon celui qui est son président depuis sa constitution grâce au PADFA il y a 2 ans, elle est bien active sur le terrain. Interview.
  • Comment se porte l’ASIAFREN aujourd’hui?

« L’Interprofession riz de l’Extrême-Nord se porte plutôt bien, et on est en permanence sur la brèche depuis près de 2 ans bientôt! »

  • Quelles sont vos principales actions à date ?

« On s’est focalisé d’abord sur la sensibilisation des acteurs, afin de susciter l’adhésion du plus grand nombre et constituer un répertoire normalisé de toutes les parties prenantes de la filière riz dans notre Région. On a ainsi systématiquement identifié plus de 1000 producteurs de riz et 25 de semences, 60 transformateurs, les commerçants et revendeurs, les vendeurs d’intrants, et même d’autres qui pourraient nous offrir des prestations intellectuelles. Dans la pratique nous avons déjà eu à tenir 8 réunions avec à chaque fois une collecte de fonds pour le fonctionnement et les activités de l’association qui a déjà donné plus d’un million FCFA. Nous nous battons actuellement pour légaliser définitivement la structure, puisqu’en réalité nous travaillons encore avec un bureau provisoire sur la base de simples statuts et de nos P.V. »

  • Qu’est-ce qui a fondamentalement changé dans la filière à l’Extrême-Nord avec l’ASIAFREN ?

« Avant nous, les acteurs ne se connaissaient pas ! Par exemple les producteurs ne savaient pas chez qui trouver la semence, de même que les semenciers ignoraient où trouver des clients ; les vendeurs d’intrants de qualité attendaient dans leur coin, et les transformateurs étaient obligés de se décarcasser pour traiter le riz produit. Or maintenant chaque producteur sait où se procurer le nerica L36 ou 2 chez le spécialiste identifié par l’interprofession, sans retard ni risque, ayant déjà établi des contrats formels avec les fournisseurs d’intrants agréés. Idem pour les transformateurs, il y a désormais une synergie avec les producteurs : à chaque récolte, ces derniers ont déjà le réflexe de s’adresser aux premiers qui travaillent le paddy plus efficacement pour eux car c’est leur job. Tout le monde y gagne ! »

  • Quels sont les défis à relever par l’ASIAFREN à court terme ?

« Sans hésiter, je dirais : les financements. Par exemple si comme on l’a constaté les semenciers peinent à vendre leur production, c’est parce qu’aucun Projet n’a pris le relais du PADFA pour financer les achats de semences de riz. Cette année l’Interprofession a été amenée à les aider sur les labours à hauteur de 300 000 FCFA. C’est dire s’ils souffrent mais pour nous c’est beaucoup d’argent! Ensuite, il y a les autres manquements classiques : les équipements des producteurs et des transformateurs, obsolètes ou en panne faute de pièces de rechange ; les magasins qui font défaut chez la plupart des producteurs de riz pluvial (il y a 35 000 ha de parcelles dans cette situation, que le PADFA n’a pas touchées en son temps), etc. »

  • Du pain sur la planche pour le PADFA II ?

« Certainement ! Nous attendons beaucoup de cette 2ème phase. Le PADFA pourra nous aider à maintenir et à continuer le travail de sensibilisation des acteurs, pour que l’activité de l’interprofession s’étende effectivement à tout l’Extrême-Nord, ce qui n’est pas encore le cas aujourd’hui. Car il faut savoir que la sensibilisation a un coût, surtout quand on doit aller au contact des zones reculées que n’atteint ni la radio ni le téléphone, zones qui rassemblent pourtant le gros des acteurs de la filière. Autre exemple, l’organisation des réunions, qui demande le déplacement des membres du bureau des départements éloignés jusqu’à Maroua. On n’est pas loin de 300-400 000 FCFA par séance. C’est dire si l’apport du PADFA sera le bienvenu ! »

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