• L’IPRN, la Plateforme Interprofessionnelle des producteurs de riz du Nord, ne chôme pas, au contraire ! Sous la houlette de son président Lambedet NASSON, elle a commencé à marquer de son empreinte la filière après des débuts laborieux dus au fait que sa création est intervenue pratiquement quand le PADFA cessait ses activités de terrain, et n’a donc pas été en mesure d’accompagner leurs premiers pas.

Pour l’instant, l’IPRN ne couvre que le département de la Benoué, faute de moyens, ce qui est tout de même non-négligeable. En attendant de toucher nécessairement tout le Nord, sur le terrain son apport dans l’évolution de la filière se fait sentir.

D’abord sur le maillon production. Précisions de M. NASSON : « Nous avons entrepris d’appuyer l’accès des OP aux financements, en mettant à leur disposition toutes les informations y relatives après avoir constaté qu’en général ils n’étaient pas au courant ; puis on a pu les mettre en contact avec des partenaires financiers selon le rayon d’activité de chaque acteur. Et ça a commencé à donner ! »

Ensuite, les intrants : « Nous sommes en train de faciliter l’accès par contractualisation des producteurs aux fournisseurs agréés qui vendent à meilleur prix, hors charge d’impôts et autres taxes. À grande échelle ils réalisent là des économies substantielles ».

L’IPRN ne néglige pas non plus le maillon commercialisation, en sensibilisant à toute occasion les riziculteurs sur l’exigence de qualité de plus en plus exprimée par les acheteurs du riz transformé, grossistes ou détaillants. La Plateforme est même allée jusqu’à jouer les prospecteurs de marchés : « Nous avons réussi à capter et à fidéliser une certaine clientèle haut de gamme, les ‘’boss’’ de la Région à Garoua, dont un nombre croissant se fat désormais livrer régulièrement à domicile. Et nous sommes en contact avec la MIRAP qui veut de grandes quantités de riz pour ses expos-ventes dans le Septentrion ».

Au-delà de ces actions ponctuelles, l’Interprofession est même sur un ambitieux projet pour lequel elle entend solliciter l’appui du MINADER, en attendant l’avènement effectif du PADFA Il : « Notre idée est d’abord de centraliser les fonds de roulement de toutes les coopératives répertoriées sur une ligne unique, afin par exemple de passer des commandes groupées d’intrants ou d’organiser des ventes également groupées.  Ensuite et surtout de solliciter des subventions pour la construction d’une rizerie moderne dans chaque département : nous avons constaté que dans les coopératives les petits équipements de transformation du riz ne sortent pas un produit de qualité, d’autant plus que le travail est effectué bénévolement, sans enthousiasme, par les membres. L’idée est de disposer partout d’une infrastructure techniquement opérationnelle, gérée par un directeur exécutif et avec un personnel permanent dûment rémunéré ».

Cependant, des maillons de la filière restent encore à travailler : le conditionnement et la labellisation, le transport du riz avec le problème des tracasseries policières sur les routes, les impôts etc. Mais quand on connait le dynamisme de Lambedet NASSON et de sa Plateforme, on ne doute pas un instant qu’ils trouveront la bonne formule pour chaque cas.

En attendant, ils continuent de batailler au quotidien pour renforcer les capacités de tous les acteurs de la filière sur la notion de synergie en réitérant que le succès de chaque maillon impacte tous les autres, pour le bonheur global de toutes les parties prenantes de la chaîne.

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