Il y a 2 ans, Ronald CHENDJOU, Responsable technique à l’AVRDC (World Vegetable Centre, partenaire du PADFA dans la formation et l’accompagnement des multiplicateurs des semences d’oignon, Antenne de Maroua), osait prédire : « Parmi les groupes qui travaillent avec nous, il y’en a sûrement qui vont continuer l’activité ; c’est un créneau très porteur que beaucoup vont nécessairement occuper après le PADFA, en professionnels de la semence d’oignon ». Le temps lui a t-il donné raison ? Tout porte à croire que oui, d’après l’évaluation qu’il fait de l’état des lieux aujourd’hui :

« Dans le Nord, Tchontchi cartonne bien, et à Baila dans le Mayo-Louti les producteurs sont toujours d’attaque avec un bon rendu de 250 kilos la 1ère campagne, 150 cette année sur le seul quart d’hectare qu’ils ont exploité. Ils ont d’ailleurs dûment déclaré leur activité pour la certification. Pour ce qui est de l’Extrême-Nord, les femmes de la FEDYGAZ (Coopérative Femmes Dynamiques de Gazawa) ont bien continué, récoltant 80 kg sur leur 3 sites de Gazawa-Centre, Massakal et Mbamkara, même si ce dernier a été un peu à la peine. Il y a aussi le vieux Adama Illa à côté de ces dames, qui a fait ses 30 kg environ, contre vents et marées ! »

Si la production a été à la hauteur des prédictions de Ronald CHENDJOU, c’est certainement parce que les multiplicateurs ont en général la maitrise technique du job. Mais selon lui il y’a encore des efforts à faire : « On est encore souvent en butte au problème d’isolement des parcelles semencières, surtout isolement dans le temps : toujours insister que les semis soient faits en décalage par rapport à leurs voisins afin d’éviter la contamination des floraisons ; idem pour le traitement de la semence, pour optimiser le taux de germination qui détermine vraiment la qualité de la semence ».

Le panorama que dresse le technicien de l’AVRDC est donc plutôt rose. Rose comme l’avenir qu’il prédit une fois de plus à l’activité dans le Septentrion : « L’activité semencière oignon a un très bel avenir ici ! En particulier parce que le marché est extrêmement juteux : toute la production est même totalement prise à l’avance. Et les prix grimpent : de 13-14 000 FCFA, on est aujourd’hui à 22 000, avec une semence souvent conditionnée n’importe comment ! C’est bien la preuve que la qualité proposée par ces multiplicateurs est reconnue par la clientèle comme supérieure et plus adaptée que les semences d’importation »

Quand M. CHENDJOU entend certains se plaindre de la dureté du travail de semencier oignon, il avoue comprendre. C’est pourquoi il compte sur le PADFA Il pour commencer à alléger la tâche des producteurs : « Il faudrait penser à introduire un certain niveau de mécanisation, d’abord sur l’extraction et la purification de la semence, qui sont très fastidieuses à la main ».

 

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