• Qui a dit que les femmes étaient moins constantes au travail que les hommes ? Certainement quelqu’un qui ne connaissait pas la coopérative des semencières oignon de Gazawa (Extrême-Nord). Elles sont en effet majoritaires dans ce groupe, et pour ce qui est des résultats, elles n’ont rien à envier à personne depuis que le PADFA est parti. Mme Habiba Elhadj MOUSSA la PCA, n’est d’ailleurs pas peu fière de leurs acquis :  « Depuis, nous avons été bien stables, et les choses ont marché pour nous. Par exemple avec la vente de notre semence l’année dernière, nous avons réussi à acheter une grande parcelle de 2 hectares, et encore même pas loin de chez nous.  Quand on connait les difficultés que rencontrent les femmes pour l’accès à la terre dans notre contrée, c’est un grand bond en avant ! »

Côté production, la coopérative a récolté pour la saison écoulée 80 kg de semences d’oignons, c’est-à-dire de graines de goudami recueillies après séchage des fleurs dans ses 3 champs : 40 à Gazawa-Centre, 30 à Massakal et 10 à Mbankara. Pourquoi 10 seulement à Mbankara ? « Là-bas ils ont eu un problème avec l’eau sur une partie importante de leur exploitation, et aussi des difficultés à avoir des bulbes-mères ». En tout cas, pour mettre cette production sur le marché, la coopérative a adopté une procédure résolument professionnelle : « Pour l’instant on attend : nous avons soumis notre souche au service technique spécialisé de la Délégation Régionale, la DRADER, qui nous suit, afin d’obtenir le taux de germination à mentionner sur les étiquettes lors du conditionnement».

Alors, ici le meilleur des mondes ? Non, quand même ! Pour Mme la PCA en effet,  certains membres semblent regretter le temps béni où le PADFA était tout le temps avec eux, jusque dans les champs :  « À Gazawa-Centre, on n’a certes jamais ressenti un quelconque vide parce que là-bas le groupe est bien organisé. Par contre à Mbankara et Massakal, il y a effectivement eu une sorte de ressentiment à la fin de l’assistance. Certains ont baissé les bras, estimant que le travail du champ semencier sans cet appui est trop dur par rapport à la production de l’oignon bulbe. Je continue cependant de leur dire qu’ils doivent persévérer en autonomes, dans leur propre intérêt parce que ça rapporte plus ! »

En espérant  que ces attentistes patentés finiront par se remobiliser, Mme Habiba Elhadj MOUSSA attend le PADFA II de pied ferme, et sur un point précis : « Nous souhaitons l’aménagement de l’espace que nous avons acquis, pour arriver à un champ semencier moderne où notamment le problème de la gestion de l’eau sera définitivement réglé : pas d’irrigation traditionnelle bricolée, pas de motopompe qui nous ‘’pompe »  plutôt trop de carburant et d’argent. On veut passer à l’étape supérieure ! ».

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