• Contrairement à d’autres coopératives lancées par le PADFA, la SOCCAPRORAL de Lagdo (Société Coopérative avec Conseil d’administration des Producteurs de riz de l’arrondissement de Lagdo) n’est pas souvent sous les projecteurs de l’actualité, alors qu’elle est l’une des toutes premières à avoir été immatriculée grâce au Projet dans le Septentrion (le 1er février 2015 exactement). Pourtant c’est bien elle, avec celle de Djalingo, qui a animé des stands lors de la récente cérémonie de lancement de la campagne agricole à N’Gaoundéré par le MINADER, parmi tous les groupes PADFA de l’Antenne de Maroua. Pas du tout un hasard.

Cette coopérative a effectivement beaucoup d’atouts à faire valoir. D’abord, elle n’a pas pu bénéficier comme les autres de tous les appuis du PADFA : pour travailler ils ont acheté eux-mêmes ou en cas de besoin louent le matériel agricole nécessaire.  M. Chouaibou AMADJANG, superviseur technique de l’Antenne de Maroua abonde d’ailleurs dans ce sens : « Les producteurs de Lagdo se distinguent de la majorité des producteurs de la Région parce qu’au-delà des apports du PADFA, ils n’ont rien attendu de personne ! Ils ont su s’organiser pour pallier tout déficit en matériel, quitte à tout acquérir eux-mêmes « .  Un esprit à recommander à beaucoup!

Ensuite et surtout, les producteurs  de l’Arrondissement de Lagdo sont les champions de la transformation du riz, quand la plupart des autres se contentent de faire dans le paddy. Comme produits dérivés, ils proposent la farine de riz, le riz pour diabétique (dit « étuvé », d’où le sucre est éliminé), les aliments pour bébés. Plus récemment, ils se sont même lancés dans le cosmétique, avec la production d’un gommage de visage pour les femmes !

Autre particularité : à la récolte le membre retient d’abord la quantité de riz nécessaire à la subsistance familiale, pour n’apporter volontairement que le surplus à la coopérative. Et après les ventes, l’argent est distribué en fonction des appuis reçus par chacun. Si on ajoute que cette coopérative est l’une des rares (la seule en fait) à avoir à sa tête un « vrai » directeur, le tableau est complet. Ce n’est probablement pas pour rien que M. Mama ABAKAI, le dynamique Maire de Lagdo, est un éminent membre de la coopé !

L’unique problème de la SOCCAPRORAL est le manque d’espaces cultivables. Les gens travaillent pour l’essentiel sur des « jardins de case », petits lopins autour des concessions familiales, sinon ils sont obligés d’aller louer des parcelles auprès des attributaires des lots de la MEADEN – Mission d’Études pour l’Aménagement et le Développement du Nord –  sur des superficies aménagées dans les bas-fonds autour du Barrrage de Lagdo. Cependant, cette situation pourrait changer bientôt, grâce à la Banque Mondiale. Une délégation de la B.M. a en effet rendu visite à la coopérative le samedi 15 juin 2015, le jour même où se tenait l’assemblée générale du groupe : c’était justement dans le cadre d’un Projet d’aménagement de 10 000 ha sur la zone. Ils espèrent à terme bénéficier d’au moins 50 ha. De quoi rêver de performances encore plus remarquables !

 

Share.

About Author

Leave A Reply

themekiller.com