• A voir l’évolution actuelle de la coopérative des producteurs d’oignon de Pitoa (Nord), on devrait dire : si elle n’avait pas existé il aurait fallu la créer ! On sent bien que sa mise en place grâce au PADFA est venue combler une réelle attente, pour cet important bassin de production qui est une référence dans tout le Septentrion.

D’abord, le groupe semble s’être parfaitement approprié du fonctionnement administratif de la structure. Indices : les assemblées générales se tiennent normalement et régulièrement, la tenue des documents est impeccable. « Pour des gens qui en général ne sont pas allés à l’école, c’est plutôt bluffant ! », affirme Chaibou Amadjang, le Superviseur Technique PADFA Nord et Extrême-Nord qui les suit au jour le jour.

Depuis que le Projet est parti du terrain, la coopérative de Pitoa a même pris quelques initiatives remarquables : par exemple, l’une des 7 motopompes que leur avait fournies le PADFA en son temps étant devenue hors d’usage, ils ont pu en acheter une autre sans se résigner ou attendre un geste d’un éventuel partenaire !

Ensuite, s’agissant de la production de l’oignon proprement dite, elle est constante et toujours satisfaisante. Il y a dans le magasin, à ce jour, l’équivalent de 180 sacs sur les claies. L’entretien des bulbes est  régulier et systématique : les membres se relaient quotidiennement pour cette corvée nécessaire, vu la fragilité de l’oignon même en stockage normalisé . Ce stock est en attente de vente. Mais une partie en est réservée au warrantage :  la coopérative est en négociations avancées avec une microfinance de Garoua pour cette opération qui va leur rapporter, on s’en doute, de bons bénéfices.

Pitoa a cependant ses petits problèmes comme tout le monde, et sait les gérer à sa manière. Ainsi, certains membres – une minorité – ont pris des crédits intrants à la coopérative, qui a donc par là préfinancé la campagne agricole ; mais ils ont carrément rechigné à rembourser. C’est classique! Pratiquement toutes les jeunes structures de ce genre font face à cette situation: tout le monde ne comprend pas d’emblée l’idée coopérative, et encore moins les obligations contractuelles qu’elle entraîne.  Comme solution le Conseil d’Administration n’a eu d’autre choix que de les exclure, question de séparer le bon grain de l’ivraie, en attendant que progressivement tous les producteurs s’arriment au paradigme communautaire que le PADFA a organisé ici.

Depuis lors, ces ex-coopérateurs se comportent en dissidents aigris. Pas grave. La coopérative n’en a cure : elle continue son bonhomme de chemin !

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