1. La coopérative de production des semences améliorées de riz de Velé (Yagoua) mise en place avec l’aide du PADFA pour les riziculteurs de l’Extrême-Nord (et d’ailleurs) poursuit son bonhomme de chemin. Depuis le départ du Projet, ses membres continuent en effet d’être des producteurs acharnés, et leur magasin reçoit tout le temps des clients venant parfois d’aussi loin que le Tchad et le Nigeria.

Comme dans d’autres coopératives, à Vêlé on a fait face à des petits problèmes : des membres qui se font tirer l’oreille pour être à jour de leur cotisation, une décortiqueuse toujours inutilisée faute de branchement du magasin au réseau électrique etc. Des choses que le PCA, Ahmadou Élie, affirme bien gérer. De plus, contrairement à d’autres, le TS de la zone  a continué à venir à Velé pour un appui-conseil permanent, comme au bon vieux temps quand le PADFA était à leurs côtés.

  • Pourtant, le groupe affronte des situations bien plus préjudiciables. D’abord celle d’une prétendue « concurrence déloyale » de l’autre coopérative semencière accompagnée par le PADFA: Kismatari (Nord) : « Ils ont raflé un marché de 55 millions une fois avec la Croix-Rouge qui est pourtant installée ici à l’Extrême-Nord. C’est louche : c’est à nous que devait revenir cet argent ! », fulmine Ahmadou Élie. Ne lui dites pas que gagner un marché n’est pas une histoire de position géographique mais de marketing, il n’en démord pas :  « Nous avons été lésés, un point c’est tout! »

Mais il y a plus grave. Une foultitude de commerçants, même pas des producteurs reconnus de Nerica L36 et 3, ayant compris qu’il y avait de gros sous à se faire sur ce business, a envahi le marché avec des variétés non vérifiées. Selon le PCA : « Ces bandits nous coupent l’herbe sous les pieds ! Ils vont même, peut-être avec des complicités, jusqu’à gagner des gros marchés avec des clients aussi importants que la FAO et le PAM à Maroua, alors qu’ils vendent du tout venant ! À 1200 FCFA le kilo de semence, quand un centre semencier agréé comme nous rate une commande de plusieurs dizaines de tonnes au profit d’aventuriers, et que notre stock nous reste sur les bras, ça fait très mal ! l’État devrait mettre fin à ce désordre ».

Ils ont d’ailleurs initié une plainte dans ce sens auprès du Gouverneur de l’Extrême-Nord, en attendant la possibilité de voir jusqu’au MINADER lui-même. Sans oublier de solliciter le PADFA : « C’est le Projet qui nous a créés, Kismatari et nous, et dans l’avenir il devra faire une requête au Gouvernement pour protéger notre activité ! ».

 

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