À la coopérative de DOURBEYE (Mayo-Louti, Nord), les riziculteurs sont des gens prospères depuis que le PADFA n’est plus là pour les « chouchouter » au quotidien. Ils ont appris à voler de leurs propres ailes, et le moins qu’on puisse dire est qu’ils volent effectivement plutôt bien !

Les chiffres de leur production sont éloquents. Pour la campagne agricole passée ils ont récolté 2,4 tonnes de riz. La plus grande partie a été tirée du bas-fond aménagé là-bas en HIMO (une innovation du Projet à l’époque, qui a d’ailleurs été reproduite ailleurs après son succès). L’AHA a en effet donné à lui seul 1750 kg de riz, contre 650 produits par les membres ailleurs que sur le périmètre.

Sur cette abondante récolte, la coopérative à destiné 1800 kg à la vente et 600 à la consommation familiale. Sur le stock en commercialisation, c’est-à-dire sur 360 sacs de 50 kg, ils en ont écoulé 300 à ce jour. Sortons alors la calculette : 230 sacs à raison de 15 000 FCFA l’unité de 50 kg de paddy, et plus de 70 sacs de riz décortiqué et donc plus cher à la vente, la caisse est plutôt bien remplie ! « On a même encore 60 sacs actuellement en stock ! », ajoute fièrement Moussa BONOU, le PCA. Dire donc aujourd’hui que les membres de la coopérative de Dourbeye sont encore pauvres sonne comme un oxymore !

Mais Dourbeye n’est pas le paradis, quand même. Comme toutes les coopératives ils ont leurs petits soucis, que d’ailleurs M. BONOU minimise quelque peu : « Nous avons surtout un problème avec nos équipements. Par exemple nous n’avons pas réussi à utiliser le motoculteur, notamment la fixation de l’attelage pour le labour. On a bien cherché un technicien pour nous montrer comment ça marche, mais jusqu’à présent sans succès ! ». Résultat : l’engin flambant neuf est toujours sagement garé dans le magasin. Ils ont aussi souffert avec la décortiqueuse : un temps tombée en panne, et faute de pièces de rechange disponibles, il a fallu en commander jusqu’à Douala. « Maintenant elle fonctionne bien », rassure M. BONOU.

À l’idée d’une prochaine phase du PADFA, le PCA déroule leurs desiderata : « Sur le bas-fond, le PADFA II devra trouver une solution au problème de l’eau, pour qu’on puisse travailler en saison sèche et arroser les plants de riz : un forage ferait l’affaire. Un tracteur serait aussi le bienvenu, de même qu’une batteuse : celle qu’on nous a livrée est trop petite, comparée à ce qu’on a vu ailleurs, comme à Djalingo. Il nous en faudra une plus costaude et plus performante ! »

En attendant, le PCA ne peut s’empêcher de rendre un vibrant hommage à la Coordonnatrice nationale : « Nous savons que c’est grâce à elle que Dourbeye est « en haut » et qu’on y fait de bonnes affaires. Nous aimerions vraiment la revoir chez nous au plus vite : ça va encore nous galvaniser plus » !

 

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