La coopérative de Boula-Mokong (Arrondissement de Mokolo) a toujours été dans le peloton de tête en ce qui concerne la production de l’oignon dans un Extrême-Nord déjà champion du Cameroun en la matière. Depuis le départ du PADFA, ses membres se sont attelés à continuer de mériter cette flatteuse réputation. Cependant, la dernière campagne agricole n’aura pas été vraiment à la hauteur des attentes des producteurs, de l’aveu de M. MOUSSA Jacques, le PCA de la Coopé :

  • Comment a été votre dernière récolte ?

« Une véritable déception ! Nous n’avons pu récolter que 50 sacs d’oignon, pour n’avoir bien travaillé que sur 1 ha. Sur pratiquement une moitié de notre bassin de production, il s’est posé un problème d’eau : elle a tari en mars-avril notamment à Boula, et le rendement y a été très faible. Nous avons quand même stocké les 50 sacs. 20 ont déjà été vendus, et le reste attend quand les prix vont monter vers 30-40 000 FCFA sur le marché ».

  • Cela vous a t-il découragés ?

« Pas du tout ! Vous savez, chez nous l’oignon c’est notre vie, et nous sommes de grands travailleurs. Nous continuons normalement. Il y a toujours des aléas avec l’eau. On espère seulement qu’il y en aura suffisamment lors de la prochaine campagne ! »

  • Pas de nostalgie de l’époque où le PADFA était présent ?

« À vrai dire, un peu quand même ! La présence régulière de la Coordonnatrice nationale nous faisait quelque chose. Mais avec le bagage technique que le Projet nous à laissé, on n’est pas orphelins. On peut simplement déplorer en passant que l’agent d’appui conseil ne soit plus venu depuis longtemps nous aider pour certains détails. Mais en général ça va ! »

  • Des attentes par rapport au PADFA II ?

« Beaucoup d’attentes bien sûr ! D’abord un autre magasin. Rappelez-vous que Boula-Mokong c’est deux bassins de production ; or le PADFA n’a construit de magasin qu’à Mokong. Il en faudrait donc un à Boula aussi. Boula est d’ailleurs plus productif que Mokong, qui n’a de réel avantage que d’être situé sur la route principale de Mokolo ! Et s’agissant même du magasin de Mokong, on s’est aperçu que les claies étaient trop fragiles ; on a certes essayé de les remplacer nous-mêmes localement, mais on aurait besoin d’aide pour régler ça définitivement.

Ensuite nous pensons toujours à évoluer vers la transformation de l’oignon, afin de rattraper sur notre production en cas de menace de pourriture en le réduisant en poudre. Le PADFA ll pourrait nous aider avec des équipements nécessaires.

Enfin, et c’est peut-être le plus important pour nous, le Projet devra se pencher sur le problème de l’eau dont j’ai parlé. L’oignon, c’est l’eau ! Notre bassin est richement doté partout, malheureusement il y a des parcelles moins alimentées : en y faisant monter l’eau la production est assurée. Nous souhaitons donc que le PADFA ll pense à nous construire un système de canalisation pour irriguer les champs, en particulier à Boula où se trouve le terreau plus fertile ! ».

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