1. À Tchontchi, depuis le départ du PADFA, c’est l’oignon qui manque le moins. La Coopérative peut même se targuer d’avoir, pour la récente récolte, pulvérisé ses précédentes performances. Adamou Ngoura, le PCA, fait le point avec fierté : « Rien qu’avec  la bulbe-mère, nous avons dépassé les 180 sacs d’oignon. On travaillé sur un hectare et demi : à raison de 60 kg par quart, vous avez ce résultat ». Même bonne récolte pour l’oignon de consommation : 120 sacs, tout cela en stock dans le magasin légué par le PADFA il y a 2 ans. « Avec ce stock, nous avons sollicité un crédit warrantage auprès d’une banque, qui devrait nous être accordé d’un jour à l’autre », ajoute le PCA.

La production de l’oignon, semence comme consommable, marche tellement bien que la coopérative est en train de louer de nouveaux champs pour la prochaine campagne : c’est dire si les gens maîtrisent leur affaire ici.

Mais le grand problème à Tchontchi est, paradoxalement, cette abondante récolte. Les membres sortant en effet de 300 à 1000 sacs d’oignon par an, il s’est avéré impossible dans la pratique de tout stocker dans l’unique magasin. Un magasin qui ne peut accueillir que 3 sacs par membres, pour essayer de satisfaire le maximum de producteurs : « l’année dernière plus de la moitié des coopérateurs n’a pas pu stocker son riz dans l’infrastructure, faute de place ! ». Les gens sont donc obligés de garder l’oignon chez eux, avec tous les risques de pertes que cela comporte. Mais la conséquence la plus importante est que les producteurs sont contraints de mettre leur oignon sur le marché, jusqu’à l’inonder avec une offre surabondante qui fait baisser les prix.

Pour pallier cette situation, la coopérative a même envisagé de louer des locaux ailleurs. Mais elle se heurte à son second grand problème : un fonds de roulement insuffisant, déjà impuissant à « dépanner » les producteurs qui ne veulent pas brader leur oignon par défaut. Le groupe est donc à la recherche des financements nécessaires auprès des banques et de partenaires éventuels.

Quid du fonctionnement même de la coopérative ? Là encore M. Ngoura évite la langue de bois : « On a eu des petits soucis, comme dans toute structure jeune comme la nôtre. Toujours à cause de l’exiguïté du magasin. Certains membres ayant contracté des crédits auprès de la caisse n’ont pas remboursé sous divers prétextes, mais en réalité profitant du fait qu’ils vendent leur oignon en catimini, hors de tout contrôle et du circuit de commercialisation officiel de la coopé’, qui ne peut donc pas savoir quand ces producteurs ont effectivement de l’argent. Nous sommes en train de régler cette situation, afin que tout aille au mieux lors de la prochaine campagne. »

Il n’est donc pas étonnant que dans l’optique du PADFA Il, la question du stockage soit prioritaire pour les amis de M. Ngoura : « le PADFA ll pourra nous aider avec l’extension de l’actuel magasin, ou même pourquoi pas un vaste hangar attenant d’une capacité de 500 à 1000 sacs. Sans oublier la construction de petits entrepôts dédiés à la coopérative, des sortes de points de vente permanents dans toutes les régions du Cameroun, pour écouler nous-mêmes notre oignon sans attendre que des gens viennent d’ailleurs s’approvisionner ici, nous privant d’importants bénéfices qui devraient alimenter notre caisse. »

Share.

About Author

Leave A Reply

themekiller.com