À quelques mois seulement de la clôture du PADFA, peut-on dire déjà que le Projet a atteint ses objectifs ? La réponse est un « oui » catégorique, quand on dresse un bilan- même provisoire des résultats atteints.

Rappelons d’abord lesdits objectifs, à l’aune desquels la notion de bilan est normalement appuyée.

 Les objectifs spécifiques du PADFA étaient précis : augmenter la production de riz et d’oignon, améliorer la conservation, la transformation et la mise en marché des productions, et renforcer les capacités techniques et organisationnelles des producteurs de riz et d’oignon.

On le sait : ses activités sur le terrain ont été déployées dans 4 Régions : l’Extrême-Nord, le Nord, le Nord-Ouest et l’Ouest.  11 départements sont concernés, dans lesquels 39 bassins de production prioritaires identifiés, représentant ainsi 95 % du potentiel de production nationale d’oignon et de riz.

 DES RÉSULTATS SATISFAISANTS

Les résultats atteints jusqu’alors sont globalement satisfaisants.

De manière générale, le PADFA enregistre aujourd’hui 1276 groupements de producteurs encadrés, avec 25 140 producteurs de riz et d’oignon touchés. Plus spécifiquement, les résultats et acquis par filières sont nettement positifs. Les chiffres parlent :

FILIÈRE RIZ :

 

  • Les Aménagements Hydro-Agricoles réalisés sur près de 812 hectares répartis dans une douzaine de bassins de production, ainsi que les appuis aux activités de production ont contribué à intensifier la culture de riz et même à l’introduire dans des localités où la culture n’était pas pratiquée auparavant;
  • L’accompagnement des producteurs pour la culture de riz en deux cycles par année dans les régions de l’Ouest et du Nord-Ouest enregistre des résultats très encourageants;
  • L’introduction, en partenariat avec l’IRAD, des variétés de riz à hauts rendements permet aujourd’hui d’enregistrer des performances de l’ordre de 6 t/ha pour le riz irrigué (sur une situation initiale de 3,5 t/ha) et de 3,5t/ha pour le riz pluvial ( contre 1, 5 t/ha initialement) ;
  • La mise en place d’un réseau de groupements semenciers formés, avec la production semencière comme activité génératrice de revenus et capables de produire des semences améliorées certifiées et disponibles localement pour les producteurs ;
  • Les appuis aux activités de stockage et de transformation contribuent à améliorer de manière significative les revenus des producteurs, qui apprennent de plus en plus à transformer leur riz paddy au lieu de le vendre en l’état, lui assurant ainsi une valeur ajoutée certaine. Ces activités concourent également à l’amélioration de la sécurité alimentaire par l’autoconsommation du riz produit, qui est passée d’une moyenne de 20 à 50% ;
  • L’introduction du warrantage permettant aux producteurs d’avoir un revenu meilleur sur leur production ;
  • Le désenclavement du bassin de production de Agulli dans le département de la Menchum (NW) sur une distance de 4 km a permis de réduire le coût de transport de plus de 80% ;
  • La mise en place, dans 15 magasins de stockage construits, de marchés locaux de vente de riz.

Ces actions ont contribué de manière certaine à l’augmentation de la production nationale de riz. En effet, pour la campagne agricole 2016, 18044,6 t de paddy ont été récoltés dans les bassins de production encadrés par le PADFA, avec des moyennes de 5 t/ha pour le riz de bas-fonds et 3 t/ha pour le riz pluvial.

FILIÈRE OIGNON :

 

  • L’identification et la sélection en collaboration avec les producteurs permettent aujourd’hui une bonne maitrise des variétés d’oignons à haut rendement, résistantes aux maladies, mieux adaptées à l’environnement et ayant de meilleurs potentialités en matière de conservation ;
  • Le PADFA a contribué en partenariat avec le World Vegetable Center (AVRDC) à produire les premières semences d’oignons certifiées au Cameroun et à la mise sur pied d’un réseau de semenciers de la filière dans le Nord et l’Extrême-Nord ;
  • L’utilisation des semences sélectionnées et l’amélioration des techniques de production conduisent aujourd’hui à des rendements plus élevés dans la culture, qui sont passés d’une moyenne de 11 t/ha  à 27 t/ha ;
  • Les appuis au stockage et à la conservation à travers la construction de 7 magasins multifonctions, gérés par les coopératives, ont une incidence positive sur la réduction des pertes après récolte et contribuent à améliorer les revenus des producteurs ;
  • 10504,6 t d’oignons ont été produites dans les bassins de production accompagnés pour la campagne 2015/2016, avec un rendement moyen de 21,5 t/ha.

STRUCTURATION DES PRODUCTEURS :

 

  • Une vingtaine de coopératives ont été constituées dans les bassins de production (dont 8 dans la filière oignon et 12 dans la filière riz). Ces coopératives sont accompagnées dans le développement des plans d’affaires et la mise en place d’instruments permettant d’offrir des services communs aux membres ;
  • Le Projet a accompagné la mise en place d’un système de warrantage comme solution au bradage des produits des membres des coopératives, en partenariat avec certains Établissements de Micro-Finance. Sa mise en œuvre a considérablement contribué à améliorer les revenus des producteurs engagés.
  • À la faveur de la mise en place de champs-écoles des producteurs et des actions de formation et d’appui-conseil conduites, un réseau de compétences locales a été développé dans le domaine de la production ;
  • Le partenariat avec les OP faitières PLANOPAC et CNOPCAM, en vue de la mise en place des cadres de pilotage regroupant les acteurs des différents maillons de la chaine des filières riz et oignon dans chacune des Régions, a déjà été engagé.

On peut donc raisonnablement conclure que le PADFA a bien rempli l’essentiel de son mandat.

 

 

 

 

 

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